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Print this pageCONFLITS ARMÉS : la Colombie

Date:

22/03/2013

Organisation:

Child Rights International Network

Resource type:

Publication (general)

Summary:

Ce document d’information présente un contexte historique du conflit armé en Colombie et son impact sur les enfants.


PDF document http://www.crin.org/docs/Enfants_et_conflit_armé_en_Colombie.pdf


 

Bref rappel historique

 

Le conflit armé interne en Colombie remonte à la période de « La Violencia », suivant l'assassinat du leader du front populaire, Eliécer Gaitán, le 9 avril 1948. La période de la Violencia dura au moins 10 ans, pendant lesquels les deux partis politiques officiels, les conservateurs et les libéraux, étaient en conflit. On estime que la violence a coûté la vie à au moins 200 000 personnes[1]. Le conflit prit fin en 1958 avec la signature de l’accord de partage de pouvoir, connu sous le nom de « Front National » (de 1958 à 1974), qui élimina la concurrence politique. Cette situation suscita la répression et des attaques envers toute activité politique hormis celles des deux partis officiels, dont les communistes ont le plus souffert.

 

Les attaques contre les enclaves communistes donnèrent naissance à une douzaine de mouvements de la guérilla de gauche entre 1960 et 1970, ce qui obligea le gouvernement à s’engager dans une campagne militaire prolongée. Figuraient parmi les acteurs les plus importants, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), l'Armé de la libération nationale (ELN) et le mouvement M-19.

 

Les activités des guérillas ont engendré l’apparition d’organisations paramilitaires d’extrême droite, à savoir les Forces unies d'autodéfense de Colombie (AUC). Bien que niées par le gouvernement, des accusations ont été avancées quant au lien entre ces organisations paramilitaires et l’Etat, livrant guerre aux guérillas et protégeant les propriétaires, barons de la drogue et hommes d’affaires, des attaques et enlèvements par la guérilla.

 

En réalité, il semblerait que bon nombre des personnes impliquées, appartenant aux rebelles de gauche comme aux paramilitaires de droite, soient employées par des cartels de la drogue et des hommes d’affaires – qui, les uns comme les autres, reçoivent le soutien de la police ou de l’armée colombienne. Ironiquement, les États Unis distribuent une aide au gouvernement colombien dont le but déclaré serait de renforcer la démocratie et de lutter contre le trafic de stupéfiants et le terrorisme.

 

Les négociations de paix incitèrent le mouvement M-19 à conclure un accord initial de cessez-le-feu avec le gouvernement en 1990, puis de nouveau en 2006, ce qui provoqua la démobilisation d’environ 32 000 membres des AUC. Cependant, le gouvernement n’a jamais vérifié si tous les membres des AUC avaient effectivement été démobilisés, et a échoué à démanteler les réseaux criminels du groupe et son système de soutien. Par conséquent, certains groupes ou certaines sections n’ont jamais été démobilisés, d’autres se sont réarmés après le processus, ce qui leur a permis de former de nouveaux groupes.

 

Malgré la baisse générale du nombre d’incidents violents depuis 2002, les Farc conservent des fiefs dans certaines zones rurales et sont en mesure de lancer des attaques sporadiques contre les civils et les défenseurs des droits de l’homme. 

 

La guerre du gouvernement contre les cartels de la drogue et ses liens étroits avec les États Unis ont souvent favorisé les tensions avec les pays voisins. Par exemple, c’est suite à la frappe aérienne, menée par la Colombie en 2008 contre un camp des FARC en territoire équatorien, que les tensions diplomatiques avec l’Equateur se sont faites ressentir. Par ailleurs, le Venezuela rompit ses relations diplomatiques et commerciales après que le gouvernement colombien ait revendiqué que des camps Farc, tolérés par le gouvernement de Chavez, se trouvaient au Venezuela. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rétablies en 2010.

 

En mai 2011, le Congrès colombien adopta une loi sur les victimes et les restitutions de terres qui prévoit le dédommagement d’environ quatre millions de victimes de violence infligée par les guérillas, des groupes paramilitaires et des agents de l’État, datant de 1985. Cette loi vise également à rendre 2 000 000 d’hectares de terrain à leurs propriétaires, qui les avaient perdus suite aux divers conflits depuis 1991.

 

En juin 2012, la Cour constitutionnelle de Colombie approuva la proposition du gouvernement de décriminaliser la possession de cocaïne et de marihuana en faible quantité, destinée à une consommation personnelle.

Des négociations de paix entre les Farc et le gouvernement ont enfin été entamées. En novembre 2012, le premier jour de ces pourparlers, très attendus, les Farc annoncèrent un cessez-le-feu unilatéral. Toutefois,  depuis le début de ces négociations, les Farc ont admis avoir rompu la trêve à la fin novembre, et le gouvernement colombien a insisté à plusieurs reprises qu’il ne mettrait pas fin aux opérations militaires. 

 

Violations de droits de l’homme

Le conflit armé interne en Colombie a entraîné une série de violations des droits de l’homme par l’ensemble des parties impliquées. Les factions armées continuent toutes à menacer et à attaquer les défenseurs des droits de l’homme, journalistes et minorités, notamment les communautés indigènes et afro-colombiennes. Figurent parmi les violations des droits de l’homme commises par les guérillas, les paramilitaires et leurs successeurs, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des viols et de la violence sexuelle, ainsi que le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les groupes armés.

Dans son rapport de 2012 sur la situation des droits de l’homme en Colombie, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme « enregistra un nombre alarmant de crimes commis contre les enfants » dans de nombreuses régions de Colombie, dont la plupart constituaient des cas de « recrutement et de menaces de recrutement,  des décès et blessures causées par des engins explosifs, l’occupation d’écoles et des attaques contre celles-ci, le déplacement, l’homicide et les blessures d’enfants » attribués aux Farc et à l’ELN.

 

Déplacement forcé

Avec des dizaines de milliers de colombiens déplacés de force chaque année, le pays compte l’une des plus larges populations de personnes déplacées au monde à l’intérieur du territoire (entre 3.9 et 5.3 millions de personnes et plus de 50 % d’entre elles sont mineurs). Bon nombre d’entre eux ont disparus.

 

Mines anti-personnelles et résidus d’explosifs de guerre

D’après un rapport de l’Observatoire des mines datant de 2011, le nombre de victimes dues aux mines anti-personnelles et aux résidus d’explosifs de guerre en Colombie serait l’un des plus élevés au monde. L’utilisation fréquente de mines anti-personnelles et d’autres armes d’emploi aveugle par les Farc et l’ELN contribue à cette situation. Consultez le rapport de l’UNICEF sur l’impact des mines terrestres sur les enfants.

 

Le recrutement d’enfants

Les enfants sont recrutés et utilisés par des groupes armés, en particulier par les Farc et l’ELN, bien que ce dernier s’engagea en 1998 à mettre fin au recrutement d’enfants et signa l’accord Puerto del Cielo en Allemagne. Le rapport  du Secrétaire général au Conseil de sécurité des Nations Unies, publié le 26 avril 2012, rend compte « du recrutement généralisé et systématique, et de l’usage d’enfants par les groupes armés non étatiques » en 2011[2].

Une nouvelle étude, «Like Lambs Among Wolves» (Comme des agneaux parmi les loups), réalisée par Natalia Springer, doyenne de la faculté de droit de l’Université Jorge Tadeo Lozano à Bogota, a révélé qu’au cours des quatre dernières années environ 18 000 enfants ont été contraints de rejoindre des groupes paramilitaires et la guérilla en Colombie.

Aucun recrutement d’enfant par les forces de sécurité gouvernementales n’a été rapporté, toutefois, il semblerait qu’ils utilisent des enfants pour obtenir des renseignements, en dépit de l’interdiction légale de cette pratique. Le rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité a confirmé la réception de rapports témoignant de l’utilisation d’enfants à des fins de renseignement par l’Armée nationale colombienne.

Après le processus de démobilisation, les enfants pourraient bénéficier d’un programme de désarmement, de démobilisation et d'intégration, implémenté par le gouvernement. Cependant, du fait que les enfants soldats étaient tenus de s’identifier comme membres d’un groupe armé, ceux qui ont fui ou qui ont été libérés, ainsi que ceux craignant de révéler leur identité, n’ont pu recevoir d’aide.

Le rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité signale également :

« Les jeunes filles continuent à être les victimes de violence sexuelle, attribuée aux membres de groupes armés non étatiques. Les jeunes filles associées aux groupes armés non étatiques se voyaient souvent contraintes d’avoir des relations sexuelles avec des adultes à un âge précoce, et étaient forcées d’avorter en cas de grossesse ».  « Des écoles ont été endommagées dans les hostilités par des mines terrestres et des résidus d’explosifs de guerre ». 

Information complémentaire sur les violations persistantes exercées à l’égard des enfants en Colombie :

-          Exécutions extrajudiciaires ;

-          Disparitions forcées d’enfants ;

-          Les enfants continuent d´être  victimes de tortures et d´un traitement cruel et dégradant ;

-          Violence sexuelle ;

-          Recrutement d’enfants par les FARC-EP et l’ELN lors de conflits armés et absence de mesures de démobilisation ;

-          Taux élevés de malnutrition, particulièrement chez les femmes et les enfants dans les communautés déplacées à l´intérieur du pays ;

-          Traite d’enfants ;

-          Manque de protection pour les enfants, notamment pour les Afro-colombiens et les indigènes, dans un climat général marqué par l’insécurité et le déplacement ;

-          Les problèmes de santé liés à l’environnement provoqués par la fumigation aérienne des plantations de coca ;

-          Nombre élevé d’enfants victimes d’exécutions extrajudiciaires, d’homicides et de massacres suite à un conflit armé et taux élevé de consommation de stupéfiants chez les enfants ;

-          Education : la qualité de l’éducation demeure peu élevée dans le système public et porte préjudice aux groupes vulnérables de la société. L’intégration d’une sensibilisation aux droits de l’homme à l’école reste insuffisante. La réquisition récurrente des écoles par les forces armées de l’Etat et l’établissement de bases militaires près de celles-ci constituent des objectifs militaires pour les groupes armés illégaux, et rend impossible pour les enfants de recevoir une éducation.

 

Sources :

-          Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in Colombia (A/HRC/19/21/Add.3)

-          Office of the Special Representative the Secretary-General for Children and Armed Conflict, Colombia.

-          Insight on conflict, Colombia: country profile.

-          International Crisis Group, Colombia conflict history.

-          Justice for Colombia, the Armed Conflict.

-          Child Soldiers International, Child Soldiers Global Report 2008: Colombia.

-          Watchlist on Children and Armed Conflict, No One to Trust: Children and Armed Conflict in Colombia.

-          Human rights watch, World Report 2012: Colombia.

-          CRIN, the Children’s Rights Wiki, Colombia.

-          Terra Nullius (blog), Colombia passes a Victim’s Law promising land restitution and broader redress, June 1, 2011.

 



[1] Dictionary of Twentieth Century World History, par Jan Palmowski (Oxford, 1997).

[2] 300 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants ont été enregistrés dans 29 des 32 régions du pays. Voir : Enfants et conflit armé : rapport du Secrétaire Général, Assemblée générale des Nations Unies, A/66/782–S/2012/261, 26 Avril 2012.

 

 

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Last updated 22/03/2013 13:09:26

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